BIO

Son histoire commence en Guadeloupe, l’île des premiers sons émis par sa voix en 1974. Véronique grandit au Moule, une commune située au nord-est de la Grande-Terre, sur la façade atlantique. Aujourd’hui un spot très prisé par les surfeurs, et avant-hier, il y a longtemps, l’endroit où les premières populations amérindiennes, les Arawaks, se sont établies. Inutile de chercher un lien entre son enfance et le fait qu’elle chante aujourd’hui. Rien de visible, en apparence. A la maison, la musique sort de la radio, des disques, et plus rarement, des mains et de la voix du grand-père maternelle, guitariste à ses heures perdues, qui fait résonner loin des champs, boléros, chacha et autres musiques langoureuses du dimanche après-midi. Les grands-parents sont agriculteurs, le papa dirige une petite entreprise de transport. On écoute du Cubain, du Zouk, papa vibre pour le Konpa de Coupé Cloué et le Gwo Ka, maman craque plutôt pour Jacques Brel et Tina Turner. Et tout le monde rêve alors d’un avenir avec un bon statut social pour Véronique. Elle  se forme l’oreille à ce mix coloré de musiques et de langues. C’est le piano classique qui sera son premier terrain de jeu musical, le métier sur lequel elle tisse bientôt ses premières mélodies pour faire danser les mots qu’elle écrit. En français, d’abord. Le créole, un temps interdit, viendra plus tard...Les enfants grandissent. L’esprit s’émancipe. La conscience s’éveille...

« Ce qui m’a amenée à monter sur scène, c’est le créole. J’aime le langage corporel et l’héritage qui l’accompagnent. C’est ma langue de sang ».

Elle quitte son île à l’âge de 17 ans afin de suivre de hautes études commerciales en Europe. Après des escales à Munich et Anvers, elle décide de poser ses valises à Paris. Entre deux carnets de voyage et de musique, elle exerce plusieurs métiers jusqu’en 2008, où elle fait le choix de se consacrer pleinement à l’écriture et à la composition. L’artiste multilingue s’avoue captive de poésies. En 2011, elle fait appel à des plasticiens, poètes et “paroleurs” et crée le spectacle électro-poétique Rasinovan où elle se régale à mettre en musique des textes de l’auteur afro-américain Paul Dunbar. Elle écrit également le spectacle pour enfants Calyps et Compagnie, présentés dans le cadre du Festival Rio Loco à Toulouse.

Il y a des rencontres qui sont un éveil. Le jazz en fut un pour elle. En 1984, il y eut Sportin’Life, l’album de Weather Report, avec en particulier le titre créole Confians de Mino Cinelu. En 1991, dans un autre registre, Unforgettable…with Love, interprété par Natalie Cole, et puis Ella Fitzgerald (« une énergie, une justesse incroyables. Hélas jamais vue sur scène»). Le jazz et ses passeurs. Le saxophoniste Xavier Richardeau, par exemple. Une rencontre déterminante, en Guadeloupe. Après l’avoir entendue chanter, en s’accompagnant à la guitare, il lui propose d’écrire des arrangements sur ses compositions. Il devient son directeur musical. De leur connivence naîtra Ròz  Jériko (2012), qualifié de “réussite absolue” par le quotidien français Le Monde.


De septembre 2012 à mars 2013, ses concerts en résidence au Sunset, à Paris, lui permettent de s’adresser à un nouveau public, ainsi qu’à des professionnels sensibles à la richesse de sa musique et à son charisme. Depuis, irrésistible et lumineuse, la « Ròz Jériko », a été interprétée dans de nombreux clubs de jazz, salles de concerts et festivals tels que Marciac, French Quarter au Duc des Lombards, Jazz en Touraine, Martinique Jazz Festival, Jazz au Phare…Parallèlement à son répertoire original, Véronique Hermann Sambin interprète des standards de jazz, “avec une préférence pour les ballades”, toujours accompagnée par des musiciens d’exception (Alain Jean-Marie, Darryl Hall, Thomas Bramerie, Eric Legnini, Frédéric Nardin…).

En 2015, elle présente son album Basalte.

Basalte, enregistré avec un quintet idéal, réalisé et arrangé conjointement par le pianiste Frédéric Nardin et Xavier Richardeau est un album où « les rythmes et  les tempos changent, les humeurs aussi. Chaque titre a son tempérament » explique la chanteuse. Elle signe la quasi-totalité des titres, écrit sur une composition de Lee Morgan (Bèl pwomès), et compose pour un poème (Love After Love) de Derek Walcott, poète et dramaturge de Sainte-Lucie, Prix Nobel de littérature. Si le français et l’anglais sont présents, dans Basalte, le créole, ses rondeurs chamarrées, son délié félin, prend avantageusement ses aises : il irradie de sa présence majuscule ce bijou taillé et poli avec passion et conviction, auquel le temps ne saurait réserver que sa plus belle patine.

Deuxième album de l’artiste, Basalte est présenté la toute première fois au Café de la Danse sous le Label Jazz Family. L’album est sélectionné en 2015 par la radio TSF Jazz et l’association Paris Jazz Clubs parmi les meilleurs albums de l’année. Cette distinction conduit VHS à l’Olympia (You & the night & the music) ainsi qu’au Winter Jazz festival de New York (2016).

De son île natale à l’Ile-de-France, Véronique Hermann Sambin (VHS) a mené un parcours peu commun, comme le révèle sa signature musicale résolument singulière. Elle accorde une importance capitale aux mélodies et aux textes, qu’elle écrit aussi bien en créole, en français qu’en anglais. Servies par une voix suave et chargée d’émotions, ses chansons emportent le public vers des territoires artistiques sous-explorés, entre world, pop et jazz caribéen.  Attachée à sa terre caribéenne et ses héritages, engagée dans la vie et l’écriture sur les questions environnementales et patrimoniales, Véronique Hermann Sambin contribue aujourd’hui avec succès, à les faire découvrir en plantant un décor très personnel dans le paysage musical créole et Jazz.